En France, des dizaines de milliers de musiciens amateurs anonymes, de tous âges et tous styles (du hard rock au baroque, du groupe punk à la batterie fanfare, en passant par les chorales et les bagads…) jouent pour leur plaisir mais aussi pour des publics et des lieux incroyablement divers: cafés-concerts, bal folks, églises, soirées privées, festivals…
Ces passionnés ne se contentent pas du plaisir de jouer : en tant que consommateurs et spectateurs mais aussi bien souvent, au cœur de l’organisation de stages, de concerts, de festivals… leur activité génère directement ou indirectement de l’activité professionnelle.
Un avant projet de loi, en discussion entre représentants de quelques associations et d’organisations professionnelles a essayé de remettre à jour la législation (obsolète et peu appliquée, sauf dans le secteur des musiques amplifiées) relative aux pratiques amateurs.
L’annonce de l’examen possible de ce projet au parlement pour la fin de l’année a provoqué une légitime levée de boucliers, en Bretagne notamment, dont beaucoup de festivals (Lorient, Paimpol…) sont l’exemple même d’une complémentarité dynamique et réussie entre pratiques amateurs et professionnelles.
Le ministre vient d’annoncer le retrait du projet de Loi…
Comment expliquer cet apparent fiasco ?
- A part quelques secteurs (chorales, batteries-fanfares…) les amateurs n’ont pas de représentants spécifiques capables de vraiment défendre la diversité de leurs pratiques. C’est le cas notamment pour les musiques dites «actuelles» (dont les musiques traditionnelles)
- L’angle choisi dans l’avant-projet, séparation entre lieux «lucratifs» pour les professionnels (avec éventuellement quelques dérogations aux contours incertains), et «non lucratifs» pour les amateurs pose autant de problèmes qu’il n’en résout : quid en effet des festivals, mais aussi des cafés concerts ?…
Et maintenant ?
Quelques pistes pour avancer :
- Vouloir limiter la diffusion des pratiques amateurs à quelques lieux spécifiques est un non sens, il faut au contraire favoriser les pratiques populaires (faites de la musique !!!)
- l’amateur doit rester un bénévole qui ne tire pas de bénéfices financiers de ses prestations (pouvant par contre être facturées au profit d’une association Loi 1901).
- Il faut faire évoluer la législation pour permettre la diffusion de musiques vivantes (professionnels et amateurs) dans les « petits lieux » à l’économie fragile, (notamment les cafés-concerts…)
- les obstacles de plus en plus nombreux et absurdes à l’embauche par les associations d’amateurs, d’artistes et techniciens professionnels doivent être levés.
Pour en savoir plus, vous pouvez faire un tour sur le site de « D’ailleurs… c’est d’ici » (association de musiques et danses traditionnelles du Maine et Loire) :
Thierry Guénal
Musicien amateur
http://pagesperso-orange.fr/dailleurs/loi amateurs.htm
Par Aurélie,
lundi 6 octobre 2008 à 17:22 :: Actions